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04/11/2011

Manifestation contre les violences faites aux femmes (Samedi 5 novembre 2011, 14 h 30, Paris)


Alliance des Femmes pour la Démocratie
Présidente Antoinette Fouque
  
  
L'Alliance des Femmes pour la Démocratie appelle à la
  
  

Manifestation contre les violences faites aux femmes
 samedi 5 novembre 2011, 14 h 30, à Paris
  
organisée par de nombreuses associations de femmes, avec l'appui de partis de gauche, de syndicats et d'associations mixtes...
  
 Soyons nombreuses et nombreux pour manifester notre colère et notre détermination
à faire reculer la violence misogyne.
  
Départ : place de la Bastille, rendez-vous Alliance à l'angle de la place et de la rue Saint-Antoine. La manifestation se dirigera ensuite vers l'hôtel Matignon.

09/03/2011

Des millions de français sont isolés et stigmatisés - Robert Badinter


Je vous invite à écouter ce coup de gueule de Robert Badinter sur France Inter; une fois encore, cette grande voix socialiste est celle de la sagesse!
A écouter et à méditer ....
http://www.desirsdavenirparis.fr/article-badinter-des-millions-de-fran-ais-sont-isoles-et-stigmatises-c-est-revoltant-insupportable-68925504.html


21/11/2010

Ségolène Royal inaugure la Mia, alors que les ventes décollent et que des embauches sont prévues (voir les vidéos)


Jeudi 18 novembre, Ségolène Royal a inauguré à Cerizay, dans les Deux-Sèvres, la chaîne de montage despréséries de la Mia, la voiture électrique sortie des bureaux d’étude d’Heuliez. Dans quelques jours, les premières préséries sortiront de cette chaîne ; elles sont destinées à valider le véhicule et son process de fabrication. Puis viendront la production en série au printemps prochain, les premières livraisons en juin 2011, et les premières ventes aux particuliers en 2012.
« C’est une voiture très silencieuse et agréable. », a souligné la présidente de la Région Poitou-Charentes après avoir conduit une Mia quelques kilomètres dans Cerizay.
Le nouveau constructeur automobile français, issu de la reprise d’Heuliez le 30 juin 2010, est détenu à 31% par la région et à 69% par la société allemande Mia Electric GmbH (= Sarl), qui a pour associés l’entrepreneur sarrois Edwin Kohl et des experts en énergie d’Essen, la société Conenergy AG (=SA). Pour la Mia, le châssis est fabriqué par la branche emboutissage d’Heuliez, reprise par le groupe français Baelen Gaillard Industries
Redessinée par l’ancien designer en chef de Volkswagen, Murat Günat, la voiture est présentée en 3 versions.

14/11/2010

Les filles d’Ariane


Sous le parrainage d’Ariane Mnouchkine, treize comédiens afghans sont en France pour une année de formation. Les deux actrices de cet autre Théâtre du Soleil racontent.
Elles ont toutes deux 22 ans et vivent à Kaboul. Shura et Wajhma ne sont pas des Afghanes tout à fait comme les autres. Elles font du théâtre et interpréter Tartuffe, même dans une version allégée, n’est pas une activité dépourvue de risques. Surtout pour des femmes, car elles sont les deux seules comédiennes du Théâtre Aftaab. Le mot en dari signifie "soleil". La troupe a ainsi clairement voulu signifier sa filiation avec le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, qui a été plus que leur inspiratrice. Il y a cinq ans, la metteuse en scène a organisé un stage au centre culturel français de Kaboul, où de jeunes Afghans ont découvert son théâtre et ses méthodes de création collective. "Ce sont des choses comme ça qui équilibrent la présence militaire, explique-t-elle. Je pense qu’elle est nécessaire, mais elle ne peut qu’échouer si elle n’est pas contrebalancée par du civil entêté, honnête et efficace."
Précisément, la ténacité ne manque à aucune des deux parties. Les comédiens Afghans ont travaillé à fond leur français et le théâtre. "On a réussi à les faire venir quatre fois en France. Ils y ont présenté leur travail, sont restés sept mois à la Cartoucherie et ont effectué une tournée à Lyon. Ce n’est pas vraiment un parrainage mais plutôt une coalition des deux théâtres du Soleil, le petit afghan et l’ancien, pour ne pas dire une conjuration…"

"A Kaboul, être sur scène sans foulard surprend le public"

Ariane Mnouchkine, elle, a trouvé des partenaires pour élargir le cercle de cette conspiration artistique. Depuis le début du mois d’octobre, grâce à des bourses de la fondation Open Society de George Soros, de la région Rhône-Alpes et de l’Ensatt (Ecole nationale supérieure d’arts et de techniques du théâtre), Shura, Wajhma et onze de leurs compagnons ont rejoint la prestigieuse école artistique lyonnaise. Ils vont y compléter leur formation en art dramatique mais aussi s’initier aux lumières, à la scénographie ou découvrir des pratiques culturellement plus étonnantes. Deux des garçons, inscrits dans un module de dessin, se sont ainsi confrontés aux croquis de nu féminin.
Nul doute qu’ils en fassent le meilleur usage si l’on en juge par la qualité de leur première création. Ce jour-là (*) chronique avec humour l’histoire récente de leur pays, depuis l’arrivée des talibans jusqu’à la présence-occupation militaire américaine. Mis en scène par Hélène Cinque, une ancienne du Théâtre du Soleil, il en porte la patte évidente. Wajhma et Shura, qui sont les seules à ne pas appartenir au noyau initial de la troupe, sont loin de dénoter. Sous les dehors fragiles de leur âge tendre, elles sont redoutablement déterminées à devenir professionnelles. Pour la première, c’est d’ailleurs une évidence. Sa propre mère, comédienne de son état qui fait de la télé en Afghanistan, soutient sans retenue la passion de sa fille. "On a des problèmes avec des voisins et avec la famille éloignée qui disent que ce que nous faisons n’est pas bien, mais bon…" Pour la seconde, sans qu’elle s’étende sur le sujet, elle résume une situation familiale "un peu difficile, un peu compliquée"par un "mais moi, j’ai fait mon choix" sans appel.
Le métier ne se présente pourtant pas comme une sinécure. "Ça va être difficile de gagner sa vie, il n’existe pas vraiment de théâtre à Kaboul. Et si l’on veut dire quelque chose de fort, ça peut être dangereux, explique Shura. Le simple fait d’être sur scène sans foulard surprend le public. Et les réactions peuvent être hostiles. Sans compter ceux qui déduisent de cette liberté que nous sommes des filles faciles…" Le sexisme, en tout cas, n’a pas cours dans la troupe. Sur ce plan, Ariane Mnouchkine a été sans concession. "Il faut lutter pour ses valeurs et je l’ai toujours fait vis-à-vis d’eux. Je défends sans relâche l’égalité, des femmes en particulier, la laïcité…" Comme elle a aussi combattu les préjugés qui divisaient le groupe afghan, multiethnique par définition. "Je leur ai expliqué que leur projet n’était possible qu’à la condition qu’ils oublient les Pachtouns, les Tadjiks, etc. Qu’il n’y ait plus que des artistes. C’était difficile mais ils y ont beaucoup travaillé. Je pensais, par exemple, que celui qui devait diriger la troupe ne serait jamais élu en regard de ses origines et pourtant si. Il faut tenir bon même si je dois parfois manifester fortement mes désaccords ou ma colère."

"Jouer en Afghanistan, c’est parler de politique sans faire la guerre"

Figure maternelle évidente, Mnouchkine se défend de jouer les mères abusives. Certes, elle est encore allée les voir la semaine passée à Lyon et va profiter de trois semaines de tournée du Soleil dans la capitale des Gaules en janvier pour organiser à l’Ensatt un stage autour de sa méthode de création collective. Des procédés"un peu bizarroïdes et qui fonctionnent sur l’écoute de l’autre et de soi-même. En répétition, il n’y a pas de sacrilèges, tout peut être dit ou fait. On décide ensuite de garder ou non".
Les exigences artistiques d’Ariane Mnouchkine se doublent d’une prudence liée aux conditions d’exercice du métier en Afghanistan. Lorsque la troupe a monté Tartuffe à Kaboul, elle leur a adressé un e-mail pour dire combien elle admirait leur courage, leur héroïsme soulignant toutefois qu’elle voulait des "héros vivants" avant tout. Mais comme toute véritable mère, elle leur accorde une totale confiance. Shura et Wajhma ont beau préférer la version intégrale de la pièce de Molière, "parce qu’on est plus dans la vraie vie, on embrasse, on danse", elles se contentent d’une version allégée, plus acceptable. Toutes deux entendent bien exercer leur art par passion mais aussi comme une mission. "Jouer partout est important pour notre connaissance du monde et pour montrer ce qui se passe dans notre pays, explique Shura. Mais Aftaab, c’est le théâtre d’Afghanistan et on doit jouer devant notre public". "On peut ainsi, renchérit Wajhma, parler de notre vie et de politique d’une autre manière, sans faire la guerre." Les lointains inventeurs grecs du théâtre ne disaient pas autre chose.
(*) La pièce sera reprise à l’automne prochain dans le cadre du festival lyonnais Sens interdits.

05/06/2010

"Le bonheur éducatif est possible, avec des parents, des enseignants »

Le collectif

Désirs d’avenir MONTREUIL

est heureux de vous inviter au forum participatif :

"Le bonheur éducatif est possible,

avec des parents, des enseignants »

jeudi 10 juin 2010 de 20h00 à 23h00

au Studio-théâtre de MONTREUIL

52 rue du sergent BOBILLOT, en Seine St-Denis.

L'école est l'affaire de tous !
Les chemins de la réussite nécessitent des pratiques partagées et innovantes : Maison des parents, collèges expérimentaux, classes spécialisées, coopérations associations-enseignants-parents, actions auprès des collégiens contre la violence, projets éducatifs de territoire etc ...
Sur le programme : témoignages et expériences présentées par des parents, des enseignants et formateurs, d'animateurs d'associations de Montreuil et d'ailleurs ... venez échanger avec nous !
________
Jean-Louis AUDUC, Directeur-adjoint d'IUFM et Responsable des formations premier degré, auteur de "L'école en France", "Le système éducatif" ou encore " Sauvons les garçons", animera les débats de notre forum, en présence de :
Carlo BOSO,
Directeur du Studio Théâtre de Montreuil, qui accueillera les participants et présentera les activités du Studio théâtre en direction des collèges et lycées, et dans la formation des futurs comédiens,
Marie-Claire MICHAUX,
Directrice d’Ecole et Famille, qui présentera l’expérience de Maison des parents de Saint-Ouen l’Aumone (95),
et de
Dominique BERTINOTTI,
Maire du 4éme arrondissement de PARIS,
qui clôturera les débats de la soirée.

Venez avec nous - l'école est l'affaire de tous !
________
Fraternellement,
l'équipe de Désirs d'avenir Montreuil sous Bois
Pour tout renseignement supplémentaire : 06 80 51 49 71



24/05/2010

Ce que serait «ma» gauche par Edgar Morin

Face à la récession et à la régression en Europe, il est urgent d’inventer "une nouvelle voie" pour l’émancipation politique. Ce que serait «ma» gauche

Edgar Morin, sociologue et philosophe

Le Monde - 23 mai 2010

La gauche. J’ai toujours répugné ce la unificateur qui occulte les différences, les oppositions, et les conflits. Car la gauche est une notion complexe, dans le sens où ce terme comporte en lui, unité, concurrences et antagonismes. L’unité, elle est dans ses sources: l’aspiration à un monde meilleur, l’émancipation des opprimés, exploités, humiliés, offensés, l’universalité des droits de l’homme et de la femme. Ces sources, activées par la pensée humaniste, par les idées de la Révolution française et par la tradition républicaine, ont irrigué au XIXe siècle la pensée socialiste, la pensée communiste, la pensée libertaire.

Le mot «libertaire» se centre sur l’autonomiedes individus et des groupes, lemot «socialiste» sur l’amélioration de la société, le mot «communiste» sur la nécessité de la communauté fraternelle entre les humains. Mais les courants libertaires, socialistes, communistes sont devenus concurrents. Ces courants se sont trouvés aussi en antagonismes, dont certains sont devenus mortifères, depuis l’écrasement par un gouvernement social-démocrate allemand de la révolte spartakiste, jusqu’à l’élimination par le communisme soviétique des socialistes et anarchistes.

Les fronts populaires, les unions de la Résistance n’ont été que des moments éphémères. Et après la victoire socialiste de 1981, un baiser de la mort, dont François Mitterrand a été l’habilissime stratège, a asphyxié le Parti communiste.

Voilà pourquoi j’ai toujours combattu le la sclérosant et menteur de la gauche, tout en reconnaissant l’unité des sources et aspirations. Les aspirations à un monde meilleur se sont toujours fondées sur l’oeuvre de penseurs. Les Lumières de Voltaire et Diderot, jointes aux idées antagonistes de Rousseau, ont irrigué 1789. Marx a été le penseur formidable qui a inspiré à la fois la social-démocratie et le communisme, jusqu’à ce que la social-démocratie devienne réformiste. Proudhon a été l’inspirateur d’un socialisme non marxiste. Bakounine et Kropotkine ont été les inspirateurs des courants libertaires.

Ces auteurs nous sont nécessaires mais insuffisants pour penser notre monde. Nous sommes sommés d’entreprendre un gigantesque effort de repensée, qui puisse intégrer les innombrables connaissances dispersées et compartimentées, pour considérer notre situation et notre devenir dans notre Univers, dans la biosphère, dans notre Histoire.

Il faut penser notre ère planétaire qui a pris forme de globalisation dans l’unification techno-économique qui se développe à partir des années 1990. Le vaisseau spatial Terre est propulsé à une vitesse vertigineuse par les quatre moteurs incontrôlés science-technique-économie profit. Cette course nous mène vers des périls croissants : turbulences crisiques et critiques d’une économie capitaliste déchaînée, dégradation de la biosphère qui est notre milieu vital, convulsions belliqueuses croissantes coïncidant avec la multiplication des armes de destruction massive, tous ces périls s’entre-développant les uns les autres.

Nous devons considérer que nous sommes présentement dans une phase régressive de notre histoire. Le « collapse » du communisme, qui fut une religion de salut terrestre, a été suivi par le retour irruptif des religions de salut céleste ; des nationalismes endormis sont entrés en virulence, des aspirations ethno-religieuses, pour accéder à l’Etat-nation, ont déclenché des guerres de sécession.

Considérons la grande régression européenne. D’abord relativisons-la, car ce fut un grand progrès que l’émancipation des nations soumises à l’URSS. Mais l’indépendance de ces nations a suscité un nationalisme étroit et xénophobe. Le déferlement de l’économie libérale a surexcité à la fois l’aspiration aux modes de vie et consommations occidentales et la nostalgie des sécurités de l’époque soviétique, tout en maintenant la haine de la Russie. Aussi les idées et les partis de gauche sont au degré zéro dans les ex-démocraties populaires.

A l’Ouest, ce n’est pas seulement la globalisation qui a balayé bien des acquis sociaux de l’après-guerre, en éliminant un grand nombre d’industries incapables de soutenir la concurrence asiatique, en provoquant les délocalisations éliminatrices d’emplois; ce n’est pas seulement la course effrénée au rendement qui a «dégraissé »les entreprises en expulsanttant d’employés et ouvriers ; c’est aussi l’incapacité des partis censés représenter le monde populaire d’élaborer une politique qui réponde à ces défis. Le Parti communiste est devenu une étoile naine, les mouvements trotskistes, en dépit d’une juste dénonciation du capitalisme, sont incapables d’énoncer une alternative. Le Parti socialiste hésite entre son vieux langage et une «modernisation» censée être réaliste, alors que la modernité est en crise.

Plus grave encore est la disparition du peuple de gauche. Ce peuple, formé par la tradition issue de 1789, réactualisée par la IIIe République, a été cultivé aux idées humanistesparlesinstituteurs,parlesécoles de formation socialistes, puis communistes, lesquelles enseignaient la fraternité internationaliste et l’aspiration à un monde meilleur. Le combat contre l’exploitation des travailleurs, l’accueil de l’immigré, la défense des faibles, le souci de la justice sociale, tout cela a nourri pendant un siècle le peuple de gauche, et la Résistance sous l’Occupation a régénéré le message.

Mais la dégradation de la mission de l’instituteur, la sclérose des partis de gauche, la décadence des syndicats ont cessé de nourrir d’idéologie émancipatrice un peuple de gauche dont les derniers représentants, âgés, vont disparaître. Reste la gauche bobo et la gauche caviar. Et alors racisme et xénophobie, qui chez les travailleurs votant à gauche ne s’exprimaient que dans le privé, rentrent dans la sphère politique et amènent à voter désormais Jean-Marie Le Pen. Une France réactionnaire reléguée au second rang au XXe siècle, sauf durant Vichy, arrive au premier rang, racornie, chauvine, souverainiste.

Elle souhaite le rejet des sans-papiers, la répression cruelle des jeunes des banlieues, elle exorcise l’angoisse des temps présents dans la haine de l’islam, du Maghrébin, de l’Africain, et, en catimini, du juif, en dépit de sa joie de voir Israël traiter le Palestinien commele chrétien traitait le juif.

La victoire de Nicolas Sarkozy fut due secondairement à son astuce politique, principalement à la carence des gauches. Sous des formes différentes, même situation en Italie, en Allemagne, en Hollande, paysde la libre-penséedevenant xénophobe et réactionnaire. La situation exige à la fois une résistance et une régénération de la pensée politique.

Il ne s’agit pas de concevoir un «modèle de société» (qui ne pourrait qu’être statique dans un monde dynamique), voire de chercher quelque oxygène dans l’idée d’utopie. Ilnousfaut élaboreruneVoie,qui ne pourra se former que de la confluence de multiples voies réformatrices, et qui amènerait,s’il n’est pas trop tard, la décomposition de la course folle et suicidaire qui nous conduit aux abîmes.

La voie qui aujourd’hui semble indépassable peut être dépassée. La voie nouvelle conduirait à une métamorphose del’humanité : l’accession à une société-monde de type absolument nouveau. Elle permettrait d’associer la progressivité du réformisme et la radicalité de la révolution. Rien n’a apparemment commencé. Mais dans tous lieux,pays et continents, y compris en France, il y a multiplicité d’initiatives de tous ordres, économiques, écologiques, sociales, politiques, pédagogiques, urbaines, rurales, qui trouvent des solutions à des problèmes vitaux et sont porteuses d’avenir. Elles sont éparses, séparées, compartimentées, s’ignorant les unes les autres… Elles sont ignorées des partis, des administrations, des médias. Elles méritent d’être connues et que leur conjonction permette d’entrevoir les voies réformatrices.

Comme tout est à transformer, et que toutes les réformes sont solidaires et dépendantes les unes des autres, je ne peux ici les recenser, cela sera le travail d’un livre ultérieur, peut-être ultime. Indiquons seulement ici et très schématiquement les voies d’une réforme de la démocratie.

La démocratie parlementaire, si nécessaire soit-elle, est insuffisante. Il faudrait concevoir et proposer les modes d’une démocratie participative, notamment aux échelles locales. Il serait utile en même temps de favoriser un réveil citoyen, qui lui-même est inséparable d’une régénération de la pensée politique, ainsi que de la formation des militants aux grands problèmes. Il serait également utile de multiplier les universités populaires qui offriraient aux citoyens initiation aux sciences politiques, sociologiques, économiques.

Il faudrait également adopter et adapter une sorte de conception néoconfucéenne, dans les carrières d’administration publique et les professions comportant une mission civique (enseignants, médecins), c’est-à-dire promouvoir un mode de recrutement tenant compte des valeurs morales du candidat, de ses aptitudes à la «bienveillance » (attention à autrui), à la compassion, de son dévouement au bien public, de son souci de justice et d’équité.

Préparons un nouveau commencement en reliant les trois souches (libertaire, socialiste, communiste), en y ajoutant la souche écologique en une tétralogie. Cela implique évidemment la décomposition des structures partidaires existantes, une grande recomposition selon une formule ample et ouverte, l’apport d’une pensée politique régénérée.

Certes, il nous faut d’abord résister à la barbarie qui monte. Mais le «non» d’une résistance doit se nourrir d’un «oui» à nos aspirations. La résistance à tout ce qui dégrade l’homme par l’homme, aux asservissements, auxmépris,auxhumiliations, se nourrit de l’aspiration, non pas au meilleur des mondes, mais à un monde meilleur. Cette aspiration, qui n’a cessé de naître et renaître au cours de l’histoire humaine, renaîtra encore.

01/01/2010

Sur Meetic, on accepte la religion mais pas la politique


Par Chloé Le Prince, Rue 89





Rue89 a reçu copie d'une lettre recommandée avec accusé de réception envoyée à Meetic par une cliente mécontente. Inscrite sur le site de rencontres, elle reproche à Meetic d'avoir « censuré » le texte qu'elle avait posté en guise de présentation sur son profil :

« Dans la fin du descriptif que j'avais écrit pour me présenter, et dans des termes ni injurieux ni provocateurs, j'avais indiqué à titre indicatif, et pour gagner un temps précieux : “Dernier aveu : j'ai du mal avec les religieux et les gens de droite.”

Or la censure a supprimé le dernier membre la phrase. Je n'ai donc pas le droit de dire que je ne formerai jamais un couple avec un ultra libéral, un conservateur, un raciste et que sais-je encore. Par contre, j'ai le droit de dire que je ne veux pas d'un homme religieux ! »

Les grosses mais pas la droite

Furieuse, l'internaute interpelle Meetic sur son « système de valeurs ». Elle rappelle que dans le questionnaire soumis aux nouveaux arrivants (et sur lequel figure la religion), « on peut choisir de ne pas aimer les grosses et le préciser ».

Elle poursuit :

« Votre souci de compatibilité amoureuse ignore cette caractéristique fondamentale de l'être humain, à savoir que c'est un être politique. »

Cette cliente suggère la création d'une case attenant à la sensibilité politique dans le questionnaire d'inscription.

Elle a peu de chances d'avoir gain de cause : Meetic y est explicitement opposé. Interrogé par Rue89, Johan Le Bail, directeur du service clients sur le site de rencontre :

« Je confirme que l'usage des modérateurs est actuellement de supprimer toute mention politique et en revanche de ne pas supprimer les aspects liés au religieux. »

La religion oui, la politique non

Le choix ne relève pas du hasard : Meetic l'assume comme un vrai choix stratégique en termes de profilage de sa clientèle.

Johan Le Bail, toujours à l'endroit de cette cliente en désaccord :

« On estime que l'annonce, publique et visible par tous, n'est pas le lieu pour entamer un débat, en particulier politique. Rien ne vous empêche en revanche d'aborder cette question avec les personnes qui vous contactent en privé. »

Son de cloche tout autre pour la religion en revanche. Meetic précise :

« Partager la même confession peut-être important dans le cadre d'une rencontre amoureuse. D'ailleurs la religion et la ferveur font partie des critères de sélection disponibles. »

Article complet sur : http://www.rue89.com/2009/12/30/sur-meetic-on-accepte-la-religion-mais-pas-la-politique-131707

Photo : robots en bois (Strollers/Flickr)

2009 vue par une militante antiracisme


Par Pierre Siankowski, Les Inrocks


Rokhaya Diallo, présidente des Indivisibles. En 2009, elle a organisé les premiers Y’a bon Awards, récompensant les propos les plus racistes. And the winner is…




Les Indivisibles

Notre association ne s’est pas fait connaître parce que nous faisions preuve d’une pertinence éblouissante. Clairement, nous sommes une conséquence de l’ère Sarkozy, droitière et marketing. Parce que Sarkozy a un jour de 2007 nommé Rachida Dati, il croit qu’il peut se permettre de dire un autre jour de 2009 : “Je connais Brice Hortefeux, il n’est pas raciste.” Nous avons souligné ce genre de choses cette année. Avant, les hommes politiques avaient l’excuse du “off”. Hortefeux dit que c’est une image volée. Mais il dit cela dans un lieu public. Nous, nous estimons que nos représentants n’ont pas à tenir ce genre de propos et que l’espace public nous appartient aussi.

Une autre forme de racisme

Aujourd’hui, moi, on ne me traite plus de sale noire quand je me balade dans la rue, c’est beaucoup plus fin que ça, on a dépassé la discrimination. Le racisme, ça va être de me dire que je n’ai pas le droit de me balader avec le drapeau du pays d’origine de mes parents dans la main. On impose une identité, on donne un cahier des charges, on dit “On est français comme ça.” C’est comme une liste de courses, une série de critères, il faut être fier de certaines choses qui appartiennent à la France.

Eric Raoult et son Y’a bon

Nous avons récompensé Eric Raoult d’un Yabon pour l’ensemble de son œuvre en mars 2009. Les gens ne comprenaient pas bien, ils se disaient “Oh c’est un vieux de la vieille, il ne va plus rien faire de mal.” Et puis finalement, en fin d’année, il y a eu l’affaire Marie NDiaye, et il a prouvé que le jury des Y’a bon, composé de Lilian Thuram, Pascal Blanchard, Audrey Pulvar ou encore Vincent Cespedes, ne s’était pas trompé. Raoult, il est député-maire, il a une responsabilité, il ne peut pas dire n’importe quoi. Sur Marie NDiaye, il a dit : “Même Lilian Thuram et Yannick Noah n’en avaient pas fait autant.” Quel est le point commun entre ces trois personnes ?

Ça finit par passer

Je n’ai jamais vu autant de propos racistes nourrir des polémiques que cette année – sans doute la pression des internautes sur les médias. Récemment, il y a encore eu Morano et les musulmans avec leurs casquettes à l’envers. Lorsqu’on a créé les Indivisibles, notre motivation était en grande partie alimentée par l’idée que les propos racistes étaient largement tolérés et répandus dans le discours politique, et leurs auteurs impunis. Aujourd’hui, les auteurs de ces propos, désormais qualifiés de “dérapages”, doivent systématiquement se justifier. Mais les justifications sont généralement grossières et ça finit par “passer” : d’une part parce qu’on les oublie (Valls à Evry), et surtout parce que ces propos n’ont pas de conséquences graves sur les carrières (Hortefeux, Frèche), sauf quand les “dérapeurs” sont des seconds couteaux (le préfet Girot de Langlade, ou le maire de Gussainville).

Article complet sur : http://www.lesinrocks.com/best-of-2009/detail/t/1262325601/article/2009-vu-par-une-militante-antiracisme/