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25/06/2011

Le Marais poitevin en images


Ci-dessous , quelques images de la cathédrale de verdure, la Venise Verte, que Ségolène Royal vous invite à (re)découvrir ce dimanche à l’occasion de sa déclaration de candidature à 15 h à Arçais en plein coeur du Marais Poitevin .
http://www.leblogdesegoleneroyal.fr/declaration-de-candidature-a-lelection-presidentielle/le-marais-poitevin-en-images/

Festival des Nuits Romanes (édition 2011)

Chers amis, Chères amies,

Les églises et les abbayes romanes du Poitou-Charentes auraient pu rester à jamais de belles endormies, des lieux splendides que l’on regarde de loin ou dans lesquels on entre, un peu intimidé, un peu écrasé par la beauté, sans avoir pu réellement s’emparer de leur force, de leur incroyable technique architecturale et de leur histoire.

Avec les Nuits Romanes, Ségolène Royal a souhaité justement que les habitants et les visiteurs de Poitou-Charentes se réapproprient ces lieux magiques en alliant à la beauté romane la beauté du répertoire  musical.

Les Nuits Romanes version 2011 mêleront, pour la septième année consécutive, patrimoine roman, concerts et spectacles, au cours de plus de 100 rendez-vous gratuits, ouverts à tous les publics sur tout le territoire.

Les ensembles musicaux régionaux (l'Orchestre Poitou-Charentes, l'Orchestre des Champs-Elysées, Ars Nova), l'implication de nombreuses structures culturelles régionales (chorales, danse, théâtre, cirque, arts de la rue...), vont donner toute sa qualité à cette édition 2011.

La soirée d'ouverture ce déroulera à Melle le samedi 02 juillet à 21h30 .

Ci-joint le programme .

L' Equipe de Ségolène Royal


03/03/2011

Annie Girardot : "Mes enfants, mes amis, je vous aime. Et je vous aime, et je vous quitte un peu." (vidéos, photos)


Annie Girardot est partie lundi. Elle qu’on appelait, la Girardot, une « femme normale et populaire » – mais ces pauvres mots suffisent-ils à rendre l’intensité qu’elle dégageait ? – nous a quittés.
Volontiers gouailleuse, elle a interprété de nombreux rôles décalés – surtout dans les années 50 jusqu'aux années 80 ! – endossant des métiers d’ordinaire réservés aux hommes et mettant en avantles femmes et le féminisme : médecin dans Docteur Françoise Gailland de Jean-Louis Bertucelli en 1975, commissaire de police dans Tendre Poulet de Philippe de Broca en 1977, mais aussi chauffeur de taxi, reporter-photographe….
Révélée par Rocco et ses frères de Luchino Visconti en 1960, bien avant que je ne sois né, elle avait triomphé sur les planches avec Madame Marguerite en 1974, au Théâtre Montparnasse, une pièce qu’elle a reprise maintes et maintes fois, jusqu’en 2002 au Splendid, qui sera suivi d’une tournée jusqu’en 2004.
Mais celle qui a marqué mon enfance, c’est cette femme énergique, pleine de vie, toujours dans l’action, notamment dans trois de ses films : Tendre Poulet, de Philippe de Broca en 1977, On a volé la cuisse de Jupiter, également de Philippe de Broca en 1980, et Partir, Revenir, de Claude Lelouch, en 1980.
Pour rendre le lien intense qu’elle avait su créer avec moi, avec de nombreuses Françaises et de nombreux Français, un reportage de 4 minutes, publié sur le site de Liberation.fr, dans la rubrique « Next Liberation », qui aborde de façon légère et grave, sur un banc du square Louis XIII, Place des Vosges, en avril 2007le thème de sa maladie, maladie qui touche ou a touché la famille centaines de milliers de Français, dont la mienne. Deux mois plus tôt, Annie Girardot, tout à fait lucide, évoquait par touches, comme la grande artiste qu’elle est, sa maladie, nous disait avec intensité son amour et nous faisait ses adieux devant la caméra. Dans ces deux scènes, on retrouve le talent de la grande actrice, sa gentillesse et sa générosité.
Vous retrouverez aussi des extraites de Tendre Poulet et de On a volé la cuisse de Jupiter à la fin de l’article.
Frédérick Moulin
vidéo :

07/11/2010

Le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, Molière 2010 du théâtre public


Le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine reçoit le Molière 2010 du théâtre public pour sa dernière création « Les naufragés du fol espoir »

Le jury des Molière ne s’y est pas trompé. En couronnant « Les naufragés du Fol espoir », ils couronnent d’abord le message de la dernière création d’Ariane Mnouchkine. Un message puissant, sur la fraternité et le combat qu’il faut mener, au corps à corps, physique et moral pour faire triompher une communauté humaine juste et bienveillante.

Tout le dit, le montre, le suggère dans cette pièce . A travers l’histoire de la réalisation d’un film muet. Nous sommes à la veille de la guerre de 14-18 mais aucun des protagonistes ne le sait.


L’été s’installe doucement et au premier étage d’une guinguette, se tourne ce film qui parle d’utopie, de voyage en bateau, un naufrage sur une île déserte et des émigrants à la recherche d’un fol espoir, celui de bâtir une communauté idéale.

Les histoires s’enchevêtrent : la difficulté de la création, le scénario du voyage et la guerre qui gronde à la porte mais que personne n’entend. Une mise en scène éblouissante, le mot n’est pas trop fort et c’est bien cela aussi que ce Molière récompense.

Durant 3 heures, les acteurs polymorphes se livrent à un jeu ébouriffant. Parfois, on croit voir Douglas Fairbanks sorti tout droit du « Signe de Zorro » . Parfois, c’est Louise Brooks qui apparaît sur une banquise. Les gestes d’une précision rare , élastique, maîtrisés. La troupe s’est visiblement régalée , ont est pris par ce plaisir intense à mimer ces acteurs du muet. Une mise en scène onirique ,soutenue par une création musicale qui provoque l’allégresse ou souligne les obsessions, à travers l’omniprésence des œuvres de Gustav Malher.

La scène finale est inoubliable. Et il suffit d’entendre les 5 secondes de silence qui suivent ce final avant que le public n’applaudisse pour comprendre qu’elle s’imprime en nous pour longtemps, comme l’un des plus beaux moments de théâtre classique.

Pour le message et l’art majeur du théâtre porté ici à l’un de ses plus haut niveau par une Ariane Mnouchkine qui touche l’universel, « les naufragés du fol espoir » méritent de faire ce voyage jusqu’à la Cartoucherie de Vincennes. Un voyage dont on revient tellement plus humain.




30/10/2010

Pour que la culture soit l’affaire de tous

Contribution de Patrice Marie,
Animateur DAParis19è :


Pour que la culture soit l’affaire de tous

C’est grâce à la gauche que la France occupe aujourd’hui la première place dans le domaine culturel : premier réseau d’équipements culturels, musées rénovés, dispositifs performants d’aides aux artistes, à l’édition, au cinéma, la liste serait longue de nos réussites. L’impulsion de Jack Lang dans les années 80 a été suivie par les collectivités territoriales, qui ont relayé l’élan tout en l’amplifiant : l’idée culturelle s’est durablement imposée en France.

Mais qu’en fait-on aujourd’hui ?

  • Le démantèlement annoncé de la culture

Avec habilité, Nicolas Sarkozy n’a pas pris le milieu culturel de front. Mais en réalité, c’est toute la politique culturelle, construite pierre par pierre depuis des années, qui est menacée. Le ministère de la culture est peu à peu vidé de sa substance. La politique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite y fait, dans l’ombre, des ravages, car le ministère de la culture, qui avait doublé ses crédits en 1982, a beaucoup embauché à cette époque, et les départs à la retraite sont nombreux dans ses rangs. La restructuration du ministère fait de celui-ci une administration de gestion, d’où toute idée de projet est évacuée, à tel point qu’il a fallu créer la commission Karmitz pour donner l’illusion qu’on voulait encore innover.

Les directions régionales des affaires culturelles se désespèrent des baisses de subventions pour la vie culturelle locale, et de l’absence d’orientations, au point qu’elles craignent leur suppression prochaine. La politique de la ville, l’éducation artistique à l’école, l’éducation populaire sont des secteurs non seulement sinistrés, mais en voie de disparition. Et cela dans l’indifférence générale car ce qui est modeste et local ne se voit pas.

Les coups annoncés contre les collectivités territoriales – notamment la suppression de la taxe professionnelle – vont pénaliser de façon massive les acteurs culturels. L’action en faveur du mécénat, pourtant prometteuse, a été stoppée. Et le développement de la pauvreté exclut de plus en plus de personnes de la fréquentation culturelle, jugée, parfois à juste titre, trop chère. 



Le démantèlement massif de la culture s’annonce. L’idée du gouvernement est de ne réserver à l’Etat que la culture institutionnelle et de prestige, et de laisser aux collectivités l’action de terrain : sauf que, privées de moyens, celles-ci ne pourront pas prendre le relais.
Et ce serait priver l’Etat de ses responsabilités en matière d’innovation. C’est tout le tissu culturel et artistique local qui risque ainsi de s’effondrer.  

Face à une attaque d’une ampleur sans précédent, il s’agit de faire des propositions qui aillent au-delà du seul discours sur l’indispensable restitution des marges de manœuvre financières. Les grands changements espérés après l’ère Sarkozy sont l’occasion de réfléchir à un nouvel élan pour la culture en France.


  • Ouvrir la culture au plus grand nombre

Il est temps d’agir : malgré l’augmentation considérable de l’offre culturelle depuis trente ans, rien n’a vraiment changé en termes de fréquentation : c’est toujours à une minorité de la population (seulement 22% des Français ont une pratique au moins occasionnelle de la culture, par exemple aller au théâtre une fois par an) que profitent les quelques 10 milliards de budgets publics consacrés à la culture.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les politiques publiques de la culture se préoccupent de l’offre, non de la demande. La question des publics a toujours été une question marginale.

Proposer un nouvel élan culturel, c’est réfléchir à la façon dont l’offre culturelle peut profiter à la population dans son ensemble. C’est se demander comment les citoyens peuvent y participer directement, et non seulement comme un public passif, voire comme une clientèle.

En période de crise, et pour que la population accepte une augmentation des budgets culturels, il est indispensable de travailler à une culture plus accessible, plus partagée, qui soit l’affaire de tous, en un mot à une culture démocratique. Pour cela, quelques propositions, simples, peu coûteuses, pourront constituer les axes forts d’une politique de la culture réellement participative :

  • Redonner à la culture sa dimension sociale
    Proposition n°1 : systématiser les résidences afin de permettre aux artistes qui le souhaitent de créer en lien avec la population.
                                                                                                 
    S’impliquer dans des projets avec des artistes confirmés, participer à un processus de création, se « frotter » aux œuvres d’art avec les outils pour les comprendre, de telles activités sont extraordinairement puissantes pour construire chez l’individu la confiance en soi, la sociabilité, la compréhension du monde.

    Il faut permettre à chacun de s’impliquer dans une démarche culturelle et artistique en multipliant, sur tout le territoire, les occasions de collaboration entre artistes et citoyens, à travers un programme de résidences d’artistes dans les lieux de la cité : centres culturels, écoles, universités, hôpitaux, prisons…

    Exemple :
    Un plasticien, artiste reconnu, réalise des statues monumentales en plâtre. Il s’installe pendant un mois dans le centre culturel d’une petite ville. Il propose aux artisans de la ville qui utilisent le plâtre dans leur travail, de s’associer avec lui. Une équipe d’une dizaine de personnes se forme. L’œuvre se construit peu à peu, les artisans apportent au plasticien leur connaissance du maniement du plâtre, le plasticien reste pleinement l’artiste. Le jour de l’inauguration, les artisans sont fiers du travail accompli, et sont en mesure d’expliquer la démarche de l’artiste, alors que l’œuvre aurait peut-être été rejetée si elle avait été simplement installée dans l’espace public, sans ce travail de médiation. Les artisans sont également mieux reconnus dans leur profession, car les métiers manuels sont souvent dévalorisés. L’artiste, les artisans, la population : tout le monde y gagne.


    • Valoriser la pratique amateur

    Proposition n°2 : Doter la pratique amateur d’un vrai statut, et encourager les relations artistiques entre la pratique amateur et la pratique professionnelle.

    C’est un problème franco-français : la pratique amateur est dévalorisée en France. Elle n’a pas de statut et la frontière entre amateurs et professionnels est floue, ce qui ne favorise pas la collaboration entre les deux secteurs. Pourtant, alors que la fréquentation culturelle stagne, la pratique amateur est en plein essor : nous avons tous, autour de nous, quand ce n’est pas nous-mêmes, des amis qui écrivent, dansent, font de la photo, de la musique, du théâtre…

    La pratique amateur est un vecteur essentiel d’apprentissage de la sociabilité, et elle constitue aussi un chemin vers la fréquentation des œuvres, à condition que des passerelles existent entre pratique amateur et pratique professionnelle.

    Le ministère de la culture, qui a axé son action sur le tout professionnel, doit s’intéresser à la pratique amateur, d’abord en lui donnant enfin un statut, ensuite en multipliant les lieux et les moments de relations entre praticiens professionnels et praticiens amateurs, dans le respect de l’identité de chacun.

    Exemple :
    Une compagnie de théâtre professionnelle souhaite monter « Comme il vous plaira » de Shakespeare… dans les Ardennes (la pièce se passe en effet dans cette région). Il faut 20 comédiens : la compagnie ne peut pas les payer tous. Elle décide alors de confier les rôles les plus importants à des professionnels, qu’elle rémunère, et les autres rôles à des amateurs, bénévoles. Le groupe d’amateurs participe ainsi à une expérience théâtrale de haut niveau. Sans le recours aux amateurs, le projet ne pouvait pas se faire : les artistes professionnels sont donc heureux de pouvoir travailler, sans pour autant que le projet artistique soit amoindri.
    La pièce est donnée, en plein air pendant l’été, dans la forêt des Ardennes. La population locale vient, nombreuse, assister à un spectacle qu’elle ne serait peut-être pas allé voir dans le théâtre municipal : tout le monde y gagne.

    • Développer la culture à l’école :

    Proposition n°3 : Convaincre l’éducation nationale de s’ouvrir enfin à l’éducation artistique, afin que chaque enfant ait reçu une sensibilisation approfondie aux arts et aux pratiques artistiques au cours de sa scolarité.

    L’éducation artistique à l’école est un serpent de mer : toujours annoncée, jamais réellement mise en place. C’est dommage : c’est un vecteur extraordinaire de développement pour l’enfant, quelle que soit son origine sociale.

    A condition qu’il ne s’agisse pas d’enseigner la culture comme une matière parmi d’autres, mais bien de permettre à l’enfant de participer concrètement à un projet culturel. Il faut développer sur tout le territoire, et même systématiser, les jumelages entre établissements scolaires et établissements culturels, et développer à grande échelle les résidences d’artistes dans les écoles.


    Exemple :
    Une pièce de théâtre est montée au cours de l’année scolaire dans une classe de CM2 d’un établissement culturel d’une banlieue difficile, avec une compagnie professionnelle locale. Parmi les élèves participants, un enfant d’une famille immigrée, mal intégrée. Les résultats scolaires de cet enfant sont mauvais : mais voilà que le jour de la représentation, il est excellent dans son rôle : il est le meilleur ! Pour lui qui ne connaît que l’échec, c’est un vrai moment de réussite, d’autant plus valorisant qu’il s’agit de culture. Il est fondamental, pour un enfant, que le regard que portent sur lui les autres, et qu’il porte sur lui-même, ne soit pas toujours négatif. La pratique artistique est un outil de premier plan pour y parvenir. Et tout le monde y gagne.

    • Favoriser la participation des habitants

    Proposition n°4 : Amener les établissements culturels à ouvrir leurs conseils d’administration aux habitants de la cité, dont certains faisant partie du «non-public.

    La culture apparaît à beaucoup comme quelque chose « qui n’est pas pour moi » : combien de personnes passent chaque jour devant un musée, un théâtre, sans jamais y entrer, ni même penser à le faire. Il s’agit pourtant d’équipements publics, financés par tous. Il est vrai que les codes utilisés par la plupart des établissements culturels laissent à penser que ceux-ci sont réservés à la couche la plus cultivée de la population. Le résultat est une culture qui risque de fonctionner « entre soi ».

    Pour casser cela, il faut permettre aux habitants de s’associer de façon concrète et active à la vie des établissements culturels. Il ne s’agit pas d’intervenir sur les choix artistiques : ceux-ci sont de la responsabilité des équipes dirigeantes, dont c’est le métier. Mais les habitants participants peuvent, par leurs conseils, rendre ces équipes plus attentives à l’accueil de leur public réel et potentiel.

    Ainsi, un panel diversifié d’habitants pourrait siéger au CA des établissements culturels, et être ainsi source de conseils sur la politique à mener, sur l’administration de la structure, sur les stratégies de développement, et sur toutes les questions concernant l’organisation des activités.

    Exemple :
    Le musée d’une ville moyenne constate une fréquentation insuffisante et ne parvient pas à intéresser une grande partie de la population, que l’idée même de musée n’attire pas.

    Il propose alors à une dizaine de personnes, dont certaines ne sont jamais entrées dans ses locaux, de rejoindre le conseil d’administration. On demande à ces personnes de parcourir le musée et de noter tout ce qui, à leurs yeux, « ne va pas ». Le résultat : une mine d’information pour l’équipe du musée, et l’obligation de tenir compte, dans le mesure du raisonnable bien sûr, des propositions faites. Peu à peu, même le programme d’expositions temporaires évolue : sans perdre en qualité et en innovation, il s’enrichit des remarques et des propositions des habitants. La fréquentation augmente et se diversifie. Tout le monde y gagne.


    • Développer le mécénat de proximité

    Proposition n°5 : Développer le mécénat de proximité sur les territoires, en favorisant l’implication des PME dans la vie culturelle locale.

    Longtemps un thème « de droite », le mécénat commence à se répandre au sein du milieu culturel, encore modestement cependant.

    Développer davantage le mécénat (des entreprises et des particuliers), c’est ouvrir la culture à un cercle plus large. En pratiquant le mécénat, un établissement culturel crée des liens entre le public, le milieu artistique, le milieu économique et beaucoup d’autres.

    L’enthousiasme partagé donne une réelle dynamique : l’institution est plus forte, elle est davantage prête à prendre des risques. Un acte de mécénat réussi, c’est un échange qui ne se limite pas à un chèque, mais qui implique une réelle collaboration où les compétences du mécène deviennent bénéfiques pour l’établissement. C’est un véritable outil pour l’ouverture culturelle. C’est aussi, pour l’entreprise, un outil de développement économique.

      Exemple :
    Un centre d’art tisse un lien avec une banque locale. La banque accorde une aide financière au centre d’art, et bénéficie d’une réduction d’impôt de 60%. Mais elle ne s’arrête pas là. Par des mailings, elle fait connaître à sa clientèle les activités du centre, Elle fait l’acquisition d’œuvres d’art contemporain pour ses locaux. De son côté, le centre d’art propose des activités (visites guidées, ateliers) pour le personnel de la banque et leur famille.

    Ces opérations contribuent au rayonnement du centre d’art par des effets de relais de notoriété, grâce à la diffusion en réseau hors du champ culturel. Les résultats se traduisent par une augmentation de la fréquentation et une augmentation du rayonnement local, ce qui renforce l’intérêt des décideurs locaux et donc l’attribution de subventions publiques. Les services rendus à la population sont mieux identifiés. Tout le monde y gagne.


    • Faire de la culture un vecteur d’intégration.
     Proposition n° 6 : Favoriser l’organisation d’évènements sur le thème des cultures immigrées, associant création contemporaine et expressions traditionnelles, et impliquer les associations d’immigrés dans l’élaboration de leur programmation.

    Les personnes immigrées ne fréquentent guère nos équipements culturels, car ce qui y est proposé ne leur correspond pas. Pourtant, la culture doit être le lieu de la rencontre, de la curiosité partagée et de la tolérance.

    Les équipements culturels doivent proposer de façon régulière des programmations susceptibles d’intéresser cette population, et contribuer à faire connaître leurs cultures d’origine.



    Exemple :
    Une scène nationale, implantée en banlieue parisienne, décide d’organiser un festival africain.
    Le noyau dur de la programmation est constitué de productions contemporaines, africaines ou françaises sur l’Afrique, du niveau artistique correspondant aux exigences de ce type d’équipement. Mais à cela s’ajoutent divers événements qui vont donner une image d’ouverture à la manifestation : à l’extérieur du bâtiment, sur le parking, s’organise un marché africain géant. Au café du théâtre, on joue de la musique africaine. Des conférences de géopolitiques sont organisées afin de débattre du contexte politique des pays africains. Pour organiser l’événement, des associations africaines sont sollicitées. Des ateliers de danse africaine sont organisés. Le festival attire des familles africaines qui, jusqu’à présent, n’étaient jamais entrées dans le théâtre, et certaines personnes parmi elles assistent à des spectacles. Tout le monde y gagne.

    • En conclusion (provisoire) : créer un nouvel esprit

    Ces quelques exemples montrent que la culture, sans se renier, peut avoir une dimension sociale de premier plan, sans pour autant qu’il s’agisse, comme on en brandit souvent la menace, du retour au « socioculturel ».


    L’erreur serait de demander à l’artiste de jouer un rôle social : tel n’est pas notre propos. L’artiste doit rester fondamentalement indépendant de toute instrumentalisation. C’est le responsable culturel, le médiateur, qui a le rôle de créer le lien entre l’art et la population. Beaucoup peut être fait dans cet esprit : c’est un vrai changement de société qui devient alors possible.  

    Contribution de Patrice Marie, 
    Animateur DA 19, 
    comédien et metteur en scène.


19/05/2010

Concours international francophone de Poésie organisé par DA Paris

Concours international francophone de Poésie organisé par DA Paris


Thème choisi: "DEMAIN, PLANETE ECOLOGIQUE?"

Pour envoyer vos poèmes
jusqu'au 30 Août 2010: cliquez ici


Pour lire les poèmes

en compétition: cliquez ici


Le réglement du concours:


Article 1

Chaque Poète participe avec un seul poeme en technique libre, ne dépassant pas le format d'une page A4, en double interligne, police 14, Times New Roman.


Article 2

Le poème présenté devra être inédit de toute publication antérieure et pendant sa participation à celui-ci.


Article 3

Les candidats doivent envoyer leur unique poème par mail, en pièce jointe à l'adresse suivante:

concourspoesieDAParis2010@gmail.com


Date limite d'envoi des poèmes: le 30 Août 2010

Les textes devront être accompagnés des renseignements suivants:

-Nom, Prénom

-E-mail

-Pays

-Ville

-Date de naissance

Article 4

3 premiers prix "Désirs d'avenir Paris" et 3 mentions seront decernés par un jury composé de 4 membres:

-Mr Jean Albert Guenegan (Poète)

-Mme Monique Calinon (professeur de lettres, bibliothécaire, membre du comité de lecture de Linéa, revue de littérature et de Poésie)

-Mme Irène Bruandet (Déléguée Générale de l'Association "Poésie en liberté")

-Mr Pablo Poblète (Poète, concepteur et directeur du concours, Membre de la Fancophonie internationale)


Article 5

Le palmarès ainsi que la proclamation des résultats (courant du mois de Septembre) seront annoncés sur le blog de Désirs d'avenir Paris


Article 6

La remise de prix se fera lors de la Fête de la Fraternité à la Cartoucherie de Vincennes à Paris, les 11 et 12 septembre prochains avec un prix decerné par le public participant.

Article 7

La participation à ce concours implique l'acceptation du présent réglement.

Bons poèmes à tous et à toutes

par Pablo Poblète pour Désirs d'avenir Paris


02/05/2010

Culture : "Chers Zoiseaux", de Jean Anouilh

Chers amies-is,
Da Paris 19è vous conseille la pièce de théâtre mise en scène par Patrice Marie :

Chers Zoiseaux, de Jean Anouilh
Mise en scène de Patrice Marie
Les mardi 27, mercredi 28, jeudi 29, vendredi 30 avril et les mardi 4, mercredi 5, jeudi 6 et vendredi 7 mai 2010
à 21h00
au théâtre Le Passage vers les étoiles, 17 Cité Joly, 75011 PARIS - M° Père Lachaise
Prix d'ami en prévente sur notre site : 12 euros
Sur place : 16 euros
Tarif de groupe (10 personnes) : 10 euros par personne

Réservations sur :
http://www.ppmea.org/pages/Index.html

Explosif, grinçant et quasi-surréaliste, ce vaudeville moderne dépeint avec férocité un milieu d’intellectuels bourgeois en contradiction avec leurs soi-disant convictions, pour une drôlerie radicale.
Dans une grande maison défraîchie, ce microcosme s’affronte autour du chef de famille, qui écrit des romans policiers pour nourrir son monde. Mais les belles valeurs sociales qu’ils affichent, font vite place à l’égoïsme chronique quand l’argent vient à manquer et que la maisonnée est subitement prise en otage…

15/04/2010

« La culture n’est pas un luxe, mais une nécessité »



Par Najat Vallaud-Belkacem


Dans une interview au journal Libération, Najat Vallaud-Belkacem souligne l'importance sociale de l'accès à l'art et à la culture alors que les conséquences des réformes territoriales et des désengagements de l'Etat vont commencer à se faire durement sentir.

Libération :
Constatez-vous aujourd’hui les premiers effets du désengagement de l’Etat et des collectivités locales vis-à-vis de la culture ?

Najat Vallaud-Belkacem :
Mes craintes ne sont pas pour le court terme. Les politiques au rabais risquent surtout de se faire sentir dans la durée si l’on investit moins aujourd’hui pour la création et les grands projets. Les collectivités parent au plus pressé, compensent. Mais on peut déjà être inquiet pour les investissements en direction de ce que l’on appelle les «publics empêchés», en zone rurale, dans les cités, en prison…
Plus largement, l’Etat est en train de paralyser les rouages d’un système exemplaire en privant les collectivités d’une partie de leurs ressources. Dans le même temps, on concentre les efforts sur l’hypervisible, l’hypermédiatique, l’hyperparisien. Les lieux de spectacle vivant voient leurs financements réduits, et tout ce qui relève de l’enseignement culturel souffre beaucoup, tout comme l’intermittence, avec des dizaines de milliers de jours de travail perdus chaque année.

Libération :
N’y a-t-il pas chez certains élus une part de dramatisation, d’instrumentalisation de la situation, pour imputer au gouvernement les reculs des collectivités ?

Najat Vallaud-Belkacem :
Il n’y a pas de manipulation. Le problème de fond, c’est la perte d’autonomie fiscale des collectivités locales. Je vous rappelle que des présidents de départements gérés par la droite ont tiré le signal d’alarme en même temps que les présidents de gauche. Ce qui se prépare, n’est pas seulement un mauvais moment à passer, une crise passagère. Une mécanique complètement folle se met en place qui aboutit à une remise en cause dramatique de la décentralisation. C’est cela qui est en jeu. Pour la culture, les deux tiers des financements viennent des collectivités locales. Or, avec la taxe professionnelle et la taxe d’habitation notamment, les départements perdent les deux tiers de leurs leviers fiscaux. Cela ne peut que rejaillir sur ce que l’on appelle les dépenses facultatives car, dans le même temps, les conseils généraux font face à une pression sociale très forte, avec par exemple la gestion du RSA [revenu de solidarité active, ndlr].

Libération :
Justement, n’est-il pas difficile, dans un contexte de crise économique et sociale, de défendre face aux contribuables ces dépenses culturelles ?

Najat Vallaud-Belkacem :
S’il est difficile de se faire entendre, c’est surtout à cause d’une démagogie généralisée. Ceux qui sont à l’abri du besoin, qui peuvent financer leur soif culturelle, décrètent que la culture est de l’ordre de l’accessoire. Moi, dans mes délégations, je rencontre tous les jours des familles qui souffrent de la crise. Or elles ne rejettent pas la culture. Elles en redemandent. Ce n’est pas un luxe, la culture. C’est une nécessité. Cela participe au vivre ensemble, au lien social, à la survie. Pouvoir compter, même lorsque l’on n’a plus rien, sur ce qui ne s’achète pas et pouvoir s’ouvrir aux autres, au monde, lui donner un sens, c’est essentiel. Dans les grands événements, dont j’ai la responsabilité à Lyon, le mot d’ordre est la gratuité dans l’espace public. Cela n’a pas de prix, et c’est ce qu’il faut défendre.

Propos recueillis par Olivier Bertrand pour Libération
A Lire Aussi : le Blog de Najat Vallaud-Belkacem.

26/11/2009

Brigitte Fontaine : "J'ai aimé voir Ségolène en colère en 2007"


Télérama/ Notre époque vous paraît-elle plus liberticide que d'autres que vous avez connues ?

Brigitte Fontaine/ J'ai été interdite de télévision pendant quatre ans je crois, à cause d'une auto-interview que j'avais écrite, sous Pompidou ou sous Giscard. Mais, à mon avis, la période actuelle est plus liberticide encore, plus dangereuse. Je ne suis pas une analyste politique, mais je ressens les choses ainsi. C'est très pernicieux et vicieux. Prendre des ministres presque de gauche et presque d'extrême droite pour être le président « de tous les Français »... J'ai l'impression que ça peut aller loin.

T/ Vous êtes en colère ?
BF/ Oui. Il y a une chose qui m'avait plu dans le débat entre Sarkozy et Ségolène - que je ne considère pas comme un aigle, loin de là ! Sarkozy, qui était lui-même très nerveux, avait dit à Ségolène : « Mais ne vous énervez pas madame Royal, vous êtes très énervée. » Et elle, calmement, trois fois, avait répondu : « Je ne suis pas énervée, je suis en colère. » Et ça, j'ai aimé.

Retrouvez l'intégralité de l'interview sur telerama.fr :

http://www.telerama.fr/musique/le-nouvel-album-de-brigitte-fontaine-en-integralite,47583.php