Affichage des articles dont le libellé est MEDIAS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est MEDIAS. Afficher tous les articles

15/12/2011

Le Monde - Après les larmes

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2011/12/14/segolene-royal-apres-les-larmes_1618421_1471069.html



François Hollande ne voulait surtout pas d'histoires. "On fait ce que veut Ségolène", a glissé le candidat à l'élection présidentielle à quelques socialistes. Et ce que veut Ségolène Royal à l'instant présent, c'est la circonscription de La Rochelle : la ville prestige de Poitou-Charentes, acquise à la gauche, pour les élections législatives de 2012. L'endroit rêvé pour se refaire une dignité après son cuisant échec à la primaire socialiste. Et surtout, lui permettre d'accéder à la présidence de l'Assemblée nationale - le perchoir, sa nouvelle ambition.

L'ancienne finaliste de l'élection présidentielle de 2007 en est réduite à se faireréserver une circonscription dans sa propre région, et tout le monde s'incline. La Rochelle, le parti la lui a donnée, d'autorité, samedi 10 décembre. Sans égard pour les cadres socialistes locaux qui réclamaient un vote d'investiture, bien certains qu'"elle""la parachutée de Solférino", ne passerait pas. Sans se soucier de la forte fronde anti-Royal, en faveur d'Olivier Falorni, le patron de la fédération PS de Charente-Maritime.
Martine Aubry a tranché : "Ça suffit. On réserve la circonscription pour éviter qu'il y ait au moment des votes des tas de problèmes et qu'on salisse Ségolène." Même Lionel Jospin a fait passer le message : pas question d'empêcher l'ex-candidate à la présidentielle. Au lendemain de sa défaite de 2007, l'ancien premier ministre avait pourtant assassiné celle qu'il qualifiait de "personnage second de la vie politique".
Ils sont tous aux petits soins. Les mêmes camarades, qui lors de la primaire de 2006 et du congrès de Reims en 2008 s'acharnaient de concert à lui barrer la route, se retrouvent maintenant à son chevet. Un mélange de mauvaise conscience, de sentiment de dette, de crainte aussi : elle reste l'ancienne candidate, celle en qui personne ne croyait et qui les avait tous coiffés au poteau. Celle qui est allée au front. "On redoute toujours son pouvoir médiatique et sa capacité de nuisance", explique un dirigeant du parti. Mais Ségolène Royal, au fond, ne fait plus vraiment peur. "Elle fait partie des grands brûlés de la primaire, comme Laurent Fabius, estime un autre. Elle espérait faire un score à la Montebourg qui lui aurait permis de jouer un rôle, de peser, de faire battre Hollande. Et la voilà ramenée au niveau d'un Valls." François Hollande, à la fois ancien premier secrétaire et ancien compagnon, fait figure de "lâcheur" dans les deux cas. Et les autres se taisent : "Entre nous, on se dit : "Ségolène, c'est l'affaire de François." On ne s'en mêle pas."
Les larmes de Ségolène Royal ont tout chamboulé. Son premier signe extérieur de faiblesse, devant les caméras. Plus tard, hors télévision, ses sanglots ont duré une bonne heure. "Tout ce travail", répète-t-elle encore, sans parvenir à y croire... Elle nous avait reçus peu après dans son bureau, les yeux cernés, les cheveux plats, la mine défaite. Ce n'était plus le visage de cire au sourire figé, habitué à paraître. Ce n'était plus la candidate confiante en sa propre grâce, tout de blanc vêtue, qui avait mené en solitaire la campagne présidentielle de 2007. Elle n'avait plus rien de son étonnante assurance : "Si vous croyez qu'on s'en remet comme ça, d'un coup pareil..."
Une de ses intimes en témoigne : "Elle a lâché les vannes. Elle s'est laissée aller à son chagrin comme jamais depuis 2007. Tout est sorti." Une autre : "Ça nous a tous retourné les tripes. Verrouillée et courageuse comme nous la connaissons, ce n'est pas le genre à s'affaisser, à s'affaler, à se répandre. C'était le signe de la violence du moment."
Pour la première fois, au soir du 9 octobre, l'ancienne candidate à la présidence de la République a compris que c'était fini. Elle ne pourrait plus annoncer sa défaite sur un air de victoire comme elle l'avait fait en 2007, portée par son "lien personnel avec les Français" et les 17 millions d'électeurs qu'elle avait cru être les siens. Dans ses larmes, il y avait cette première fois où, jeune énarque à l'Elysée auprès de François Mitterrand, l'idée lui était venue de devenir "la première femme présidente de la République". Il y avait la blessure du congrès de Reims, en 2008, où son poste de première secrétaire lui avait été chipé à 42 voix par Martine Aubry, au terme d'une nuit d'élection entachée de fraudes. Il y avait surtout la révélation soudaine qu'elle ne serait plus jamais ce qu'elle avait si longtemps rêvé d'être : présidente de la République française. Les quelque 7 % de votes en sa faveur ont tué pour de bon ses espoirs.
Ces jours-ci, elle voyage. Une accidentée électorale en convalescence. Elle a visité le Vietnam, l'Inde, le Burkina Faso. Elle sera au Sénégal en janvier, puis peut-être au Costa Rica pour une réunion de l'Internationale socialiste. La gifle de la primaire s'éloigne mais l'obsède. "Je me sentais mûre, explique-t-elle. Ça a été un choc violent. Comme un accident de voiture. Vous roulez, vous tapez un mur, fini... Et moi, je ne meurs pas. Je suis toujours debout. J'ai une énergie en moi qui est hors du commun, je suis faite comme ça."
Ses amis politiques n'en sont pas si sûrs : "Le choc de la primaire n'est pas guéri", disent-ils en choeur. La course à l'Elysée ? "Je pense que j'en ai fait le deuil, assure-t-elle. Mais bon, en politique comme dans la vie, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Je n'ai jamais de parole de renoncement. Je suis dans le présent. Si on est dans le ruminage du passé ou la préparation du futur, on passe à côté de sa vie." Bravitude, ruminage, Ségolène Royal n'est pas à un néologisme près.
Le présent, c'est la campagne. Ne pas fuir le combat électoral contre la droite, même s'il faut en passer par un soutien compliqué au camarade Hollande. Sa candidature à la primaire et l'élection du père de ses enfants, "ça m'a perturbée", avoue-t-elle. "On le serait à moins. Il ne m'avait pas soutenue en 2007, ni sur le plan politique ni sur le plan personnel. J'ai dit aux enfants : "Qu'est-ce qu'on fait ?" Ils m'ont dit : "Tu as commencé, maman, tu continues." A partir de là, j'étais solide. La France va mal, il faut que la gauche passe, ça me permet d'oublier le reste."
Contre François, pourtant, elle avait prévenu qu'elle irait "jusqu'au bout". Prête à endécoudre, comme elle ne l'aurait pas fait face à Dominique Strauss-Kahn s'il était resté dans la course. Les électeurs de gauche ont tranché, elle s'est inclinée."Intellectuellement, dit-elle, j'ai compris. J'étais démolie par les sondages comme étant la seule à être battue par Sarkozy. Les électeurs ont préféré le vote utile, ils ont joué l'institution et la victoire à la présidentielle." A ceux qui redoutaient unKramer contre Kramer version socialiste, les proches de Ségolène Royal promettent : "Elle est tout à fait décidée à prendre sa part de la campagne. Elle ne se trompe pas de film. C'est François le candidat. Le principe de réalité a fait son oeuvre."
Officiellement, les deux "ex" devenus rivaux s'appellent "très régulièrement". Aucune friture sur la ligne, fait-on savoir de toutes parts. Un élu de ses amis en atteste : "Elle parle de lui en disant "François". Pour moi, c'est le signe qu'elle est en train d'accepter les choses." Autour du candidat, on jure attendre à bras ouverts celle qui a fait son retour à la direction du parti comme secrétaire nationale à la "mobilisation citoyenne". "A partir du mois de janvier, quand la campagne prendra de l'ampleur, sur les grandes manifestations, les grands meetings, les rencontres, elle sera très utile", explique Manuel Valls. Martine Aubry renchérit : "Ségolène aura un rôle important. Elle fera ce qu'elle sait faire et ce qu'elle aime faire."
De la compétition électorale comme remède à la blessure politique. Quelques jours à peine après les larmes de la primaire, après l'affirmation de son soutien politique à François Hollande, elle était déjà redevenue elle-même : conquérante et imprévisible. A dire qu'elle voulait la présidence de l'Assemblée nationale. Que François Hollande et Martine Aubry le lui avaient promis. Qu'elle serait candidate à La Rochelle. Touchante le dimanche, raisonnable le mercredi, déroutante la semaine suivante.
Evidemment, consternation générale chez les socialistes, furieux de voir déballés au grand jour leurs petits arrangements, avant même d'avoir accédé au pouvoir. Et si elle perdait à La Rochelle contre Olivier Falorni, qui pourrait se présenter en dissident ? L'intéressée n'en a cure, qui ne doute pas une seconde : "Impossible que je perde à La Rochelle. Mon objectif est d'être élue au premier tour." "Partout où Ségolène arrive, c'est la pagaille", soupire un membre de l'équipe de François Hollande.
Autour d'elle, on voit les choses autrement : "Cette femme est inoxydable. Une bête politique. Elle fait partie de ces grands guerriers qui au fond du trou donnent un coup de talon et remontent." Ségolène Royal ne se voit pas membre d'un gouvernement choisi par François Hollande. "Ministre, je n'y ai pas pensé", dit-elle. La présidence de l'Assemblée nationale, qu'elle avait lorgnée sans succès en 1997, lui conférerait à la fois un statut et une indépendance.
"C'est sa dernière carte pour rester dans le jeu", résume un pilier du groupe parlementaire socialiste, pour qui l'affaire n'est pas gagnée : "Tous les recalés des ministères, ceux qui penseront qu'ils n'auront rien, vont se présenter contre elle.""François" n'est pas encore élu, que la candidate, elle, en est déjà à énumérer les charmes de la fonction. "Autorité morale, lieu d'arbitrage, de médiation, visibilité globale sur les sensibilités politiques des groupes, rôle éminent dans le fonctionnement démocratique des institutions..." Elle tire des plans sur la comète politique : "Ça me plaît, l'idée d'être la première femme présidente de l'Assemblée."Car il faut bien être présidente de quelque chose, et la première quelque part.
David Revault d'Allonnes et Marion Van Renterghem

07/05/2010

Consultation: votre candidat pour la gauche en 2012

Après la victoire de la gauche aux régionales, plus de 1.000 lecteurs du Nouvel Obs et une soixantaine de personnalités ont fait part de leurs choix pour 2012 à l'hebdomadaire. Nouvelobs.com a, dans la foulée, demandé à ses lecteurs ce qu'ils en pensaient. Voici le résultat de cette consultation, qui si elle n'a rien de scientifique, donne une tendance de vos préférences.

Voici ramenés en diagrammes les résultats de notre consultation. Seules les personnalités qui ont recueilli plus de 10% d'opinion favorable ont été représentées. Accompagnant chaque question, vos meilleurs commentaires ont été extraits. Techniquement, les quelque 900 lecteurs qui se sont prononcés ont rempli un questionnaire librement commentable. De fait, les lecteurs pouvaient voter plusieurs fois, ces résultats sont donc à prendre pour ce qu'ils sont: un instatanné de la pensée d'un certain nombre de lecteurs qui ont pris le temps de s'exprimer...

http://www.desirsdavenirparis.fr/article-consultation-votre-candidat-pour-la-gauche-en-2012-49948918.html

06/01/2010

Rétrospective de Guillon 06/01/09


Retro 2009, suite
par franceinter

DSK, Aubry, Sarkozy, Morano sont au programme

05/01/2010

Rendons à Ségolène ce qui est à Royal


Le Monde, chroniques, par Léon-Marc Levy 04.01.10




« Redonnons sens au mot fraternité » nous dit notre Président à l'occasion de ses vœux aux Français. Vous comprendrez pourquoi, ça me fait aussitôt penser à Ségolène Royal, vous savez la dame qui nous a tant amusé quand elle a dédié, naguère, un grand rassemblement à ce thème.


Vous l'avez sûrement remarqué, depuis quelques semaines, on ne se gausse plus de Ségolène Royal. En tout cas nettement moins. Depuis 2006, on avait pris l'habitude d'une forme de basse continue dans ce pays, tissée de plaisanteries, d'anecdotes, de récits de « gaffes », de plus ou moins bon goût et, surtout, de plus ou moins bonne foi. Et puis là, depuis quelque temps plus rien. (...)

Je suis encore moins sûr qu'elle mérite le silence d'aujourd'hui. Pour des raisons évidemment inverses : je trouve que son « book » s'est sérieusement épaissi. (...)

Et puis un mot sur l'élection présidentielle même. Dans une France crispée dans ses peurs, dévorée par l'angoisse de l'emploi, du revenu et de l'insécurité, plus à droite qu'elle n'avait jamais été, Ségolène Royal a « fait » 17 millions de voix. Pas si mal. Je sais, il s'est bien trouvé des « y'a qu'à » pour dire, contre toute raison, que cette élection était « im-per-da-ble » pour la Gauche. On se demande s'ils vivaient dans le même pays que nous, voire sur la même planète. Je pense que cette élection était in-ga-gna-ble, et pourtant, Ségolène a fait un score très honorable. Ma cruauté naturelle m'oblige à rappeler qu'en tout cas c'était mieux que Jospin 5 ans avant (il paraît qu'il le reconnaît enfin pleinement !)

Enfin, depuis 2 ans, ce qu'elle fait ne me semble pas si mal. La Présidente de région est reconnue pour ses compétences, elle a failli gagner la direction du PS (et, de nouveau, ma cruauté naturelle me pousse à dire qu'elle a gagné vraiment la direction du PS !) et elle voit, peu à peu, toutes ses « intuitions » politiques récupérées, l'une après l 'autre, par ses (nos) « camarades » et même au-delà ! (...)

C'est une femme « debout » dit-elle, elle a l'énergie pour rebondir, peut-être très bientôt. Mais, quoi qu'il en soit, il m'a semblé sain de rendre à Ségolène un bout de ce qui est à Ségolène.

Lire l'intégralité de la chronique ;

http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2010/01/04/rendre-a-segolene_1287090_3232.html