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15/12/2009

Ségolène Royal : "on ne peut pas être vert à Copenhague et libéral à Paris"



Propos recueillis par Hélène Fontanaud, La Tribune



Ségolène Royal se rend ce mardi à Copenhague pour présenter les actions de la région Poitou-Charentes, qu'elle préside depuis 2004, en matière de "croissance verte". Elle les détaille pour La Tribune.






- La Tribune : quel sera votre message à Copenhague ?

- Ségolène Royal - Je suis invitée à la journée des régions du monde car chacun a bien compris qu'aujourd'hui la mobilisation est attendue à tous les étages si l'on veut enrayer la marche vers la catastrophe planétaire. Il faut une vision globale mais des actions locales. C'est tous ensemble que la lutte sera efficace. Poitou-Charentes est invitée pour deux raisons. Nous sommes exemplaires sur notre territoire, avec notamment le premier plan solaire soutenu par la Banque européenne d'investissement à hauteur de 400 millions d'euros. J'ai obtenu à Copenhague la présence de la voiture Heuliez, première voiture électrique française à être mise en vente, qui va ainsi bénéficier d'une vitrine mondiale exceptionnelle. Parce que nous avons décidé en Poitou-Charentes de respecter le protocole de Kyoto, nous avons axé toute notre politique sur la croissance verte, en investissant dans les énergies renouvelables, qu'il s'agisse de l'énergie solaire ou des agro-carburants, des chauffages au bois ou des éoliennes. Dans ce cas précis nous sauvons des emplois. C'est cela, la croissance verte, une mutation de toute la chaîne.

Et parce que nous agissons localement, nous pouvons aider les autres à agir, notamment dans les pays les plus vulnérables. A ce titre, la coopération que nous avons lancée en 2006 avec la région de Fatick au Sénégal a été reconnue exemplaire par le Pnud. Nous échangeons nos savoir-faire, nous aidons cette région à se développer durablement et elle nous permet de nous développer économiquement. Aujourd'hui nous fournissons des fours solaires, des foyers économes en énergie à la région de Fatick. Nous coopérons sur l'agriculture et sur la pêche ! Derrière le défi climatique, le défi international, l'alliance du local et du global pour rééquilibrer les rapports Sud-Nord !

- La coopération régionale que vous prônez entre le Sud et le Nord est-elle destinée à accélérer l'engagement des Etats ?

- Oui parce que nous agissons par la preuve, tout simplement. Ce que nous parvenons à faire, régionalement, tout Etat peut décider de le faire à l'échelle nationale. La mobilisation des communes, des entreprises, des citoyens, des associations est essentielle. Le développement durable ne se découpe pas : un bout pour les transports, un bout pour les éoliennes, un bout pour les énergies renouvelables. C'est une politique globale. Ce ne sont pas des incantations, le président Obama l'a bien compris. Son engagement dans la mutation écologique comme l'un des leviers de sortie de crise est majeur. Il a investi plus de 2 milliards dans le véhicule électrique. J'aurais aimé qu'on en fasse autant en France. On ne peut pas être vert à Copenhague et libéral à Paris. Il faut choisir.

Lien permanent vers cet article :
http://www.latribune.fr/green-business/sommet-de-copenhague/20091214trib000452958/segolene-royal-on-ne-peut-pas-etre-vert-a-copenhague-et-liberal-a-paris.html

14/12/2009

Les indigènes, principales victimes du changement climatique

"Nous, les indigènes, sommes les plus affectés par le changement climatique, alors que nous n'en sommes pas la cause", déplore Angélica Sarzuli, qui fait partie des 25 délégués officiels de la Bolivie au sommet de Copenhague. Les glaciers autour de la capitale La Paz fondent et "comme cette glace dessert la métropole et tous les villages autour en eau potable, nous risquons d'en être privés", souligne la femme aux cheveux noirs.

07/12/2009

Appel de www.copenhague-2009.com


Le changement climatique, tout le monde en parle. Ce qu'on dit moins, c'est que ses conséquences sont d'ores et déjà dévastatrices : écosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans... Plus de 250 millions de personnes en sont dès à présent victimes dans les pays les plus pauvres : inondations, sècheresses ravageant les récoltes, propagation des maladies tropicales, pénuries d'eau, migrations forcées...

Il est urgent d'agir. Sans action forte et rapide de la communauté internationale, et de la France en particulier, lors de la conférence de l'Onu sur le climat qui se tiendra à Copenhague, en décembre prochain, nous allons droit dans le mur...

DA paris 19 a décidé de ne pas rester inactif et vous propose d'agir maintenant ! Rejoignez les centaines de milliers de citoyens réunis autour de l'Ultimatum climatique par une coalition de 11 ONG françaises, pour demander au président de la République Nicolas Sarkozy de s'engager en faveur d'un accord historique à Copenhague, qui soit contraignant et juste pour sauver l'avenir de la planète. Signez l'appel sur www.copenhague-2009.com et faites passer le message autour de vous !

06/12/2009

Copenhague : le rendez-vous historique sur le climat


Les pays du monde entier ont rendez-vous avec l’Histoire à partir de ce lundi à Copenhague au Danemark. Le sommet de l’ONU sur le climat va s’ouvrir sous haute surveillance en présence de délégués de 192 pays et sous la pression de milliers d’Organisations non gouvernementales. Il est vu par certains comme le rendez-vous mondial de la dernière chance.
Yvo de Boer, le responsable des négociations sur le climat de l’ONU souligne également une prise de conscience sans précédent. “Les négociateurs ont à présent un signal très clair des leaders du monde pour greffer un ensemble de propositions et mettre en oeuvre une action rapide. Jamais depuis ces 17 dernières années de négociation sur le climat, d’aussi nombreuses nations n’ont fait autant de promesses fermes. Presque chaque jour maintenant, des pays annoncent de nouveaux objectifs ou des plans pour réduire leurs émissions de Co2. C’est tout simplement sans précédent.” L’objectif est de limiter la hausse des températures à 2° C par rapport aux niveaux pré-industriels. Or, la trajectoire s’oriente vers une augmentation de 3,5°C d’ici la fin du siècle, au vu des engagements des principaux acteurs de la négociation et d’après l’ONG scientifique Climate Analytics. Les nombreuses organisations non gouvernementales ne sont pas les seules à faire pression. Samedi, ils étaient des dizaines de milliers d’Européens à réclamer aux leaders politiques du concret à Copenhague. Des manifestations et des actions ont été organisées à Londres, Bruxelles, Paris, Glasgow, Marseille, Dublin, Berlin et, entre autres Stockholm.

Euronews
http://fr.euronews.net/

Rendez-vous : Mardi 08/12/09 à 20H35 sur F2


UN SOIR POUR LA TERRE

Invités: Jean-Louis Borloo, Daniel Cohn-Bendit, Ségolène Royal.
Au sommaire «Un soir pour la Terre, le film».
Yann Arthus-Bertrand et ses équipes metteront en parallèle les effets du réchauffement climatique en France et dans des régions éloignées du globe. Les documentaristes se sont notamment rendus au Bengladesh, où vivent les premiers réfugiés climatiques: leurs îles ont disparu, englouties par la montée du niveau de la mer. En Camargue, on constate aussi une avancée des eaux qui grignotent le littoral. - «Agir, vite et comment?». Marie Drucker animera un débat avec Yann Arthus-Bertrand pour mieux comprendre les enjeux du sommet de Copenhague et donner des réponses politiques mais aussi scientifiques aux questions soulevées par le film. Les téléspectateurs pourront intervenir tout au long de la soirée.

05/12/2009

Tout Copenhague s'agite déjà


"Stop climate change here" ("Arrêtez le changement climatique ici") : banderole géante au vent, le Beluga, le deux-mâts de Greenpeace, a jeté l'ancre à quelques encablures de l'aéroport de Copenhague, jeudi 3 décembre, avec son message de bienvenue aux délégations du monde entier attendues pour la 15e conférence des Nations unies sur le climat, du 7 au 18 décembre. Autour de l'aéroport, en guise de piqûres de rappel : des portraits vieillis de quelques années de Barack Obama, de Nicolas Sarkozy et de huit autres dirigeants s'excusant de ne pas avoir sauvé le climat quand ils en avaient l'occasion, en ce fameux mois de décembre 2009.

Le décor est posé. De la place de l'hôtel de ville à celle de Kongens Nytorv, tout Copenhague, provisoirement rebaptisée "Hopenaguen" ("le port de l'espoir") pour symboliser l'attente suscitée par la conférence, s'est grimée en grand cirque du changement climatique, dans un mélange confus d'animations ludiques, d'appels politiques, d'affichages culturels et de publicités opportunistes.

"Multipliez le nombre de participants par la durée, ajoutez en conclusion un sommet de chefs d'Etat : vous obtenez une conférence catégorie monstre", explique Svend Olling. A la tête d'une équipe de vingt personnes, ce fonctionnaire du ministère des affaires étrangères a eu la lourde tâche d'accoucher de ce "monstre" qui met la petite capitale danoise et ses 500 000 habitants à rude épreuve.

Côté cour, le lointain Bella Center, un immense palais des congrès, a des allures de camp retranché.

Il s'apprête à accueillir plus de quinze mille participants accrédités pour le COP15 (15e Conférence des parties), un record : négociateurs de 190 pays, personnel des agences des Nations unies, délégations des organisations non gouvernementales (ONG), sans oublier 3 000 journalistes. Soit 2 000 réunions programmées, 100 000 repas prévus, 11 000 m2 de pavillons temporaires construits à la hâte, 8 millions de feuilles de papier imprimées... Une conférence que le Danemark aura malgré tout tenté de rendre la plus "verte" possible, coupant dans le superflu et compensant l'empreinte carbone estimée (40 000 tonnes de CO2) par des investissements au Bangladesh.

Côté jardin, en plein centre-ville, la conférence "off", le Klimaforum, rendez-vous citoyen orchestré par trente organisations - écologistes, altermondialistes, syndicales... - mais financé pour 1,1 million d'euros par le gouvernement. On y attend huit cents témoins du changement climatique venus de pays en développement et dix mille visiteurs par jour.

Entre les deux, une myriade de débats et d'expositions aux quatre coins de la ville, des milliers de militants associatifs lâchés dans les rues, des groupes radicaux déterminés à perturber la conférence, deux manifestations géantes prévues le samedi 12 décembre... et des rumeurs insistantes d'infiltration par des groupes anarchistes qui pourraient mettre la ville à feu et à sang.

Pour l'heure, les rues respirent le calme trompeur qui précède les tempêtes. Mais, en coulisses, c'est l'effervescence. Gouvernement, police, municipalité et organisations de défense de l'environnement sont sur le pied de guerre, à trois jours de l'événement.

Chacun a conscience que la bataille de Copenhague sera d'abord une affaire d'images. "La négociation n'est pas très visuelle, c'est pourquoi nous essayons, par nos actions, de fournir aux médias des images fortes", explique Adélaïde Colin, de Greenpeace France. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) envoie à Copenhague, à côté de ses 70 experts chargés d'influencer les négociateurs, 300 personnes pour mettre en scène, chaque jour, le récit de la conférence sur Internet et dans les médias du monde entier.

Besoin d'un témoignage ? Au Klimaforum, les organisateurs se font fort de produire, à la demande, un Indien d'Amazonie ou une paysanne du Bangladesh. Même la police a mis sur pied un centre de presse spécial, chargé notamment de "produire des récits journalistiques sur les actions de police".

Ne sachant s'ils doivent plus redouter un attentat terroriste ou les bandes de casseurs, les forces de l'ordre ont afflué de tout le royaume. La police danoise a emprunté des hélicoptères, des véhicules et des chiens policiers à la Suède, la Norvège, l'Allemagne et aux Pays-Bas... Pour parachever le dispositif, les citoyens ont été invités à dénoncer toute personne louche ou véhicule suspect et la police a désigné un millier d'"indicateurs" patentés pour coordonner la surveillance de proximité.

Le Danemark a durci sa législation pour autoriser les arrestations préventives, doubler la durée des gardes à vue et alourdir les sanctions encourues en cas de désobéissance aux forces de l'ordre, provoquant la colère d'une partie de la population, attachée à un droit très souple de manifester.

"Le vrai danger, ce ne sont pas les casseurs, c'est l'élévation des températures, c'est la désinvolture des Etats du Nord vis-à-vis du Sud", relativise Serge Orru, directeur général de WWF en France. Les ONG se sont mobilisées en masse pour rappeler leurs exigences aux pays industrialisés : des émissions de CO2 réduites de 40 % en 2020 et 100 milliards d'euros par an d'aide aux pays en développement. Bien au-delà des engagements mis sur la table jusqu'à présent.

"Jusqu'à la dernière minute, on ne sait pas ce qui peut sortir d'une négociation, c'est pourquoi nous devons maintenir la pression jusqu'au bout, estime Adélaïde Colin. Hélas, nous craignons que le verrouillage sécuritaire de la ville se retourne contre l'action non violente des ONG." Dès novembre, le "service action" de Greenpeace a discrètement dépêché ses éclaireurs à Copenhague pour repérer les lieux et imaginer des mises en scènes spectaculaires autant qu'illégales : escalade de monuments, parade nautique sur les canaux de la ville.

Dans un ancien entrepôt portuaire de Halvandet, à dix minutes de hors-bord du centre de Copenhague, les préparatifs ont commencé. C'est ici que Greenpeace a établi sa base arrière. Ici que plus de 200 volontaires de quarante pays, sur les 500 mobilisés par l'organisation, vont dormir pendant deux semaines sur des lits de camp et fourbir leurs armes de campagne, pendant que cent stratèges, experts et chargés de communication de l'ONG arpenteront les couloirs du Bella Center.

Dans une ville où il est depuis longtemps devenu impossible de trouver une chambre d'hôtel - le gouvernement en a bloqué 9 000 depuis deux ans -, au point que 2 000 officiels devront chaque jour traverser l'Oresund, le détroit qui sépare le Danemark de la Suède, pour dormir à Malmö, la plupart des ONG ont pris d'assaut les auberges de jeunesse.

De leur côté, Les Amis de la Terre, qui affrètent un train spécial depuis Paris et Bruxelles pour les défilés du 12 décembre, ont dû louer gymnases et écoles pour faire dormir, à même le sol, pendant deux nuits, 2 000 militants. "Nous n'avons jamais été aussi nombreux et ça n'a jamais été aussi cher ! Cette conférence va peser sur les budgets", observe Morgane Creach, du Réseau action climat.

Pour le Danemark aussi, la facture est salée : près de 60 millions d'euros en dépenses logistiques, plus une enveloppe spéciale de 85 millions d'euros allouée à la police pour la sécurité. "C'est un investissement, analyse Svend Olling. Grâce à cette conférence, le nom de Copenhague symbolise désormais le développement durable, et, nous, nous créons un réseau incroyable. Or les technologies vertes sont notre secteur d'exportation le plus dynamique." Le symbole restera-t-il positif au soir du 18 décembre ? Réponse à partir de lundi.

Grégoire Allix, Le Monde - 05/12/09