Hier mercredi, j’ai présenté, à travers mes 5 piliers pour l’avenir de la France, celui sur l’Éducation nationale. Je considère qu’avec la sécurité sociale, c’est l’un des grands piliers de la République. Pourtant, ce pilier vacille, parce que l’éducation n’est pas considérée comme une valeur essentielle pour la majorité UMP et ce gouvernement.Lorsque j’entends que l’Éducation nationale coûte cher, je réponds : « essayez l’ignorance et vous verrez ce que cela coûte ! ».
Depuis 2007, le gouvernement mène le plus grand plan social de toute son histoire et a supprimé 65000 postes d’enseignants et 25000 de surveillants. Cela a évidemment conduit à une inévitable dégradation des conditions de travail et une montée des violences scolaires : plus de 44000 faits de violences en 2010.
Je n’accepte pas qu’un enfant d’ouvrier ou d’employé ait seulement une chance sur quatre d’obtenir un diplôme d’enseignement supérieur.
J’ai donc réaffirmé que la rentrée 2012 ne ressemblerait pas à celle de 2011, en énonçant mes 4 solutions concrètes, précises et immédiates concernant ce pilier éducatif.
D’abord, donner aux enseignants les moyens d’être fiers de leur métier, avec la présence de deux adultes dans les classes partout où cela est nécessaire et le rétablissement de l’année de formation. Aberration que cette suppression ! Comment l’un des métiers les plus importants pour l’avenir de la nation peut-il se passer de formation ?
Il faudra sécuriser une rentrée 2012 paisible : je déciderai donc un moratoire des suppressions de postes (qui sont déjà prévues par le gouvernement pour la rentrée 2012) et un plan pluriannuel, en concertation avec les partenaires scolaires et les collectivités, pour redonner à l’Éducation nationale toute sa place en fonction des besoins des bassins scolaires et des moyens dégagés par la réduction des déficits
Il faudra rendre l’école efficace et juste pour tous les élèves. J’encouragerai l’innovation et répondrai aux demandes d’autonomie. La mise en place du soutien scolaire gratuit, de l’aide aux devoirs donné par des étudiants, structuré par des associations, sera généralisé. En contrepartie, il y aura une valorisation du cursus des étudiants.
Enfin, je créerai un nouveau métier d’éducateur et accompagnateur des enseignants afin de mieux encadrer les élèves.
Résoudre la crise profonde de l’institution scolaire suppose d’agir conjointement sur plusieurs fronts. Il faut d’abord refonder, à tous les niveaux, le sens de l’école et dire clairement quel bagage de savoirs la République veut donner à ses enfants, à tous ses enfants, durant le temps de la scolarité obligatoire. Mobiliser ensuite tous les moyens qui ont fait leurs preuves, en finir avec l’orientation par l’échec et établir l’égale dignité de toutes les filières.
Ne pas craindre aussi de corriger ce qui doit l’être et d’expérimenter des idées neuves. Arrêter les réformes qui s’empilent sans jamais être évaluées. Libérer les initiatives. Apporter une reconnaissance de l’État au plus haut niveau.
Ségolène Royal

