La présidente de Poitou-Charentes lance sa campagne pour la primaire socialiste, dimanche, dans son fief du marais poitevin. « C'est la candidate des solutions », plaide le député mayennais.
Entretien
Pourquoi restez-vous fidèle à Ségolène Royal ?
J'ai fait en 2006 le choix de soutenir sa démarche, parce que ses idées ont fait avancer la gauche sur la sécurité, l'écologie ou la démocratie participative. Or, je crois à la fidélité en politique. Il faut du temps pour installer un leader. Il faut lui donner le temps de s'affirmer, de faire ses preuves et de surmonter des épreuves.
Avoir été candidate en 2007 lui donne-t-elle un avantage pour 2012 ?
C'est un atout très important pour elle. Avoir tenu la barre durant une campagne aussi dure et avoir réuni 17 millions de voix, ça transforme quelqu'un. Depuis, elle a gagné en densité et mûri un projet pour le pays.
A-t-elle tiré les leçons de sa défaite ?
Elle a fait un immense travail sur elle-même et elle a tiré toutes les leçons de la défaite de la gauche. La première, c'est la nécessité de faire l'unité des socialistes. Il n'y a pas de victoire possible en 2012 sans rassemblement. C'est la raison pour laquelle vous ne l'avez jamais entendue critiquer les autres candidats. Le premier devoir sera de se rassembler derrière celui ou celle qui aura été choisi à l'issue de la primaire.
Pourquoi ne décolle-t-elle plus dans les sondages ?
Regardez les précédentes présidentielles : les sondages un an avant se sont tous trompés. Ce qui compte, c'est d'être prêt au bon moment, quand les Français feront leur choix.
Qu'est ce qui la distingue des autres candidats socialistes ?
Elle veut porter la voix du peuple. Pourquoi la gauche a perdu en 2002 ? Parce que les ouvriers, les employés ne lui faisaient plus confiance. Aujourd'hui, la seule au PS qui est capable d'avoir ce lien de confiance avec les milieux populaires, c'est Ségolène Royal. Elle défend l'idée que la politique doit se faire par la preuve. Elle veut être la candidate des solutions. Sur le pouvoir d'achat, par exemple, elle a une approche très concrète en proposant de bloquer les prix de cinquante produits de consommation courante. Ségolène Royal défend aussi l'idée d'une République des droits et des devoirs. Nous vivons dans un monde où l'injustice est la règle, où les inégalités sont de plus en plus criantes. Il faut redonner des règles de fonctionnement, pour le vivre ensemble, mais aussi pour l'organisation sociale et économique.
Recueilli par Thierry RICHARD.

