24/06/2011

François Mitterrand 4 Février 1992 : « L’essentiel c’est d’avoir agi dans le Marais Poitevin symbole de ce qui peut être accompli en France »


Ségolène Royal présentera  sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle de 2012 dans le cadre de la primaire socialiste ce dimanche 26 Juin . Cette réunion publique ouverte à tous se déroulera de 15h à 17h sur le port d’Arçais. ( Marais Poitevin )
Ci-dessous le reportage sur le déplacement de François Mitterrand dans le marais poitevin le 4 février 1992 pour lancer les Grands Travaux de réhabilitation .
Extrait du discours de François Mitterrand, à l’occasion du lancement des Grands Travaux du marais Poitevin à Arçais, le mardi 4 février 1992 :
Je vous remercie de vos paroles d’accueil. Le temps que nous avons passé côte à côte à travers des rues ou des venelles de votre commune nous déjà permis d’échanger quelques propos, de me raconter votre commune, ce que vous y faisiez, des soucis de ses habitants. J’ai plaisir à vous entendre. Vous me rappelez d’autres Maires que j’ai connu dans le département que j’ai représenté ou bien ceux que beaucoup plus jeune j’écoutais, qui étaient les Maires d’un département voisin, auquel vous ressemblez quand même un peu. Il était facile de percevoir à travers vos quelques paroles discrètes et précises ce que représente la qualité de bon nombre d’élus communaux français et en tout cas la gentillesse de votre accueil m’a beaucoup touché.
Et vous Ségolène Royal ! C’est comme cela qu’elle s’appelle et c’est comme cela que je l’ai reçue moi-même il y a quelques années lorsqu’elle travaillait à mes côtés à la Présidence de la République avant qu’elle ne se retrouve comme cela subitement, peut‑être à la surprise de tous, y compris la sienne, député des Deux‑Sèvres. Mais maintenant le temps a passé, elle a montré ce qu’elle était capable de faire et au travers de sa recherche, de sa défense de cette région, des productions du Marais Poitevin, je dois dire qu’il me semble que tout cela est en de bonnes mains et qu’elle y mettra l’énergie que je lui connais. La cause est bonne. Vous avez eu raison de vous y consacrer et je suis également très heureux de voir que ‑ vous m’avez dit dix sept Maires ‑ les communes voisines ont pu s’entendre, se regrouper pour défendre en commun un bien inestimable en permettant d’établir la relation entre l’agriculture, la culture traditionnelle de ce pays et ce joyau qui s’appelle, le Marais Poitevin qui aurait été détruit sans aucun doute s’il n’était intervenu quelques défenseurs de ce pays, qui en sont et qui l’aiment et qui se sont associés à cette belle aventure.
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Aussi faut‑il diffuser, faire savoir que dans un tout petit pays un peu loin de tout, peu connu et loin des grands moyens de circulation, eh bien il y a des hommes et des femmes d’imagination et de travail qui ont su dominer tous leurs antagonismes et toutes leurs différentes pour s’engager dans un travail moderne afin de préserver leur patrimoine. Je suis heureux qu’il y ait beaucoup de personnes venues de Paris et surtout représentant la presse, qui entendent ce que je dis non pas parce que c’est moi qui le dis mais parce que nous avons besoin de savoir comment la France vit.
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Il faut que la France au sein de la communauté défende les intérêts légitimes de l’Europe et les siens. Comme elle est plus avancée que d’autres dans le développement agricole, il n’est pas toujours certain qu’elle sera soutenue par les autres autant qu’il le faudra. Alors, il faut que nous soyons durs, que nous ayons beaucoup d’énergie. Je n’ai pas besoin de le dire à M. Louis Mermaz qui le sait et qui va dans ce sens. Il ne s’agit pas d’être fermés aux nécessités des autres. Nous avons dit « non » à diverses reprises, surtout depuis 1985, aux projets développés par ce qu’on appelle le GATT, c’est‑à‑dire par la grande négociation commerciale internationale, qui s’attaque surtout aux problèmes agricoles et souvent au détriment des agriculteurs français. J’ai dit « non » et j’étais seul sur les sept grandes puissances industrielles, nous avons été un moment très seuls au sein des Douze membres de la Communauté et maintenant nous avons quand même quelques alliés puissants. J’espère que nous y arriverons et il faut y mettre une énergie farouche. Je ne le répète pas pour tout refuser : il faut accepter sa part, prendre en compte les intérêts des autres si l’on veut pouvoir défendre les siens. Je dois dire que la France ne sera pas complaisante et qu’elle n’entend pas dans cette affaire accomplir des sacrifices qui ne seraient pas compensés par des sacrifices comparables de la part de nos principaux partenaires. Nous n’en sommes pas là.
L’essentiel c’est d’avoir agi dans le Marais Poitevin parmi vous, avec vous, exemple, symbole de ce qui peut être accompli en France, promesse d’espoir, travail pour demain. On ne va pas faire cela en quinze jours ; il va vous falloir des années. Monsieur le Maire et vous Messieurs les Maires, tenez bon et moi quand j’aurai passé mon temps je voudrais pouvoir vous dire surtout transmettez à nos enfants la volonté de réussir votre projet. A ce moment là je serai tran