« Solidarité avec la Grèce », le slogan était dans toutes les manifestations du 1er mai, en France comme en Europe. Les risques de contagions existent car telle est la volonté des agences de notation qui ont également dégradé les notes du Portugal, de l’Espagne et de l’Irlande qui ont des dettes remboursables… Hallucinant et insupportable de constater que ce sont les banques et les agences de notation, notoirement impliquées dans la crise économique et financière qui jouent aujourd’hui les parangons de vertu en distribuant bons et mauvais points aux différents États qui leur sont venus en aide. Elles prennent la responsabilité d’une surréaction et d’un approfondissement de la crise économique. Que les fonctionnaires grecs, irlandais, portugais ou espagnols soient obligés de consentir des baisses de salaire pendant que des primes mirobolantes continuent d’être distribuées à d’irresponsables traders jonglant avec des fonds spéculatifs est un comble. J’en viens à me dire qu’il y aurait eu quelques vertus à laisser tomber certaines banques et à en nationaliser d’autres ! Il faut remettre de l’ordre, les marchés financiers ne peuvent rester une zone de non droit qui commandent aux Etats et in fine à la démocratie. La régulation des marchés ne peut pas rester un slogan de pub mensongère et le G20 rester le G vain qu’il est aujourd’hui ! Nous ne pouvons pas accepter la défaite de la décision politique face aux marchés et aux banques qui font monter les taux d’intérêt de façon inconsidérée.« Solidarité avec la Grèce »… Athènes a finalement activé ce week-end le plan d’aide de l’Union européenne et du FMI après 3 mois d’âpres négociations en particulier avec une Allemagne intransigeante, trop peu solidaire et qui a cherché à s’imposer, en dehors de toute institution, comme le gouvernement de fait de la zone euro ; une Allemagne qui ne nous avait pas habitués à un tel euroscepticisme. Des voix s’élèvent en Allemagne pour critiquer la Chancelière. Cette crise met l’Europe à l’épreuve en même temps qu’elle montre sans fard qu’il n’y a pas d’avenir pour les pays de l’Union sans Europe, sans plus et mieux d’Europe. Cette crise traduit aussi la nécessité d’un gouvernement économique européen, d’un fonds monétaire européen et d’un marché obligataire commun pour gérer ce genre de crise.
60 ans après la déclaration Schuman, la crédibilité de l’Europe est aujourd’hui engagée. Sa solidarité est mise à l’épreuve, elle doit être sans faille vis-à-vis de nos concitoyens européens, mais l’Europe est aussi attendue sur sa capacité à proposer un modèle de croissance durable, or rien dans les propositions de la commission européenne n’en prend le chemin. Ironie de l’histoire, 2010 est déclarée « année européenne de lutte contre la pauvreté »…
