04/01/2010

« Les Verts sont aveuglés par la peopolisation »






Par Sylvain Cottin, Sud Ouest








Alain Bucherie
candidat sur la liste Royal, l'élu rochelais risque d'être exclu de son parti. Il dénonce la dérive « totalitaire » des Verts
Figure historique des écologistes de Poitou-Charentes depuis 1989, l'adjoint au maire de La Rochelle était déjà sous le coup d'une suspension d'un mois depuis l'officialisation de sa candidature auprès de Ségolène Royal. Convoqué jeudi soir à par le conseil d'administration des Verts, Alain Bucherie risque désormais l'exclusion définitive de son parti.

« Sud Ouest ».

Au premier tour, la stratégie nationale d'autonomie des Verts a été clairement établie. Pourquoi alors vous étonner de votre suspension ?

Alain Bucherie. Cette suspension provisoire, je l'ai acceptée parce que je suis en effet un peu en dehors des clous. Que la mesure dure le temps des élections, pourquoi pas, à la limite. Il suffirait alors de compter les points au lendemain des élections régionales pour savoir qui avait raison. Mais aujourd'hui, les Verts veulent me virer, c'est un règlement de comptes orchestré par un parti de plus en plus totalitaire, centraliste, et qui tourne le dos aux régions.

Vous pensez donc que votre éviction est déjà tranchée ?

J'ai reçu, vendredi, un SMS pour me dire que j'étais convoqué avec Georges Stupar, le conseiller régional sortant, qui soutient également Ségolène Royal. Nous attendons désormais un courrier officiel, mais je ne me rendrai pas devant ce tribunal. Je n'ai pas envie d'une parodie de procès, alors que tout me semble joué d'avance.

Même si vous renoncez d'ici là à figurer sur la liste de Ségolène Royal ?

C'est hors de question. J'ai fait un choix stratégique que j'assume et que j'explique sans gêne. D'une part, le bilan de Ségolène est excellent, il faut donc continuer. D'autre part, sa proposition de 11 élus Verts était inespérée. Enfin, je n'ai pas envie d'une défaite de la gauche, et j'estime que les écologistes se sont suffisamment comptés lors des européennes. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de José Bové ni de Cohn-Bendit en Poitou-Charentes, et jamais un Vert n'aurait mieux fait que Ségolène Royal à la tête de la Région.

Comment alors expliquer ces règlements de comptes internes dont vous vous estimez victime ?

Par l'ambition de Cécile Duflot, qui tient absolument à être la candidate écolo de 2012 et à flinguer Ségolène auparavant. Hélas, les Verts sont aveuglés par la peopolisation et la recherche de starisation pour leurs listes. Quitte à sacrifier des militants sincères au profit d'opportunistes labellisés Europe Écologie. Mais bon, d'ici à ce que l'on me rappelle au lendemain des élections...